BLOG: Préparer les acteurs de la société civile Africaine à s’engager avec le fonds vert pour le climat

EDITOR’S NOTE: This blog was translated by the Pan-African Climate Justice Alliance. Original blog post can be viewed here.


Février 26, 2019 les nouvelles du Fonds Vert pour le Climat(FVC)

Par Sven Harmeling (CARE), Jean Paul Affana  (German watch), Crispus Mugambi (CARE)

Février 2019 –L’Afrique est l’une des  régions les plus touchées par les effets néfastes du changement climatique. Elle connaît régulièrement des crises humanitaires dues à des pénuries d’eau, des inondations et de graves sécheresses, qui entraînent parfois des conflits permanents entre les communautés vivant près des seules sources d’eau disponibles. Depuis les années 1970, le lac Chad – L’une des principales ressources en eau du  continent – laisse des milliers de familles sans solution pour leur accès quotidien  à l’eau ‘’propre’’, qui est un droit humain fondamental. Ce n’est là  qu’un exemple parmi tant d’autres, et les principales conclusions du rapport spécial du GIEC [1] ) d’octobre sur les 1.5 degrés ne donnent aucune sécurité  à la population du continent qui en a plus que jamais besoin pour mieux résister  à cette menace.

Crispus Mugambi (CARE Kenya) présentant les principales conclusions de CCDA7 au public.

 

Conscients de l’urgence d’agir sur le changement climatique, les acteurs de la société civile africaine ne peuvent plus attendre de faire partie des solutions  à long terme, mais  prennent plutôt des mesures concrètes pour résoudre le problème  à sa propre source, tout en ajoutant leur propre voix  à cet objectif commun. C’est ce qui fait que beaucoup de gens   cherchent à mieux comprendre les possibilités qui s’offrent à leurs gouvernements et à leurs collectivités d’accéder au financement offert  par les fonds pour le climat établis par les nations unies, comme le fonds vert pour le climat(FVC).

Avec l’ambition de devenir l’instrument multilatéral le plus important pour financer l’action climatique par le biais de projets et de programmes locaux  et régionaux, le Fonds Vert pour le Climat(FVC) investit dans des approches transformatrices et novatrices en matière d’adaptation et de résilience au climat ainsi que dans des stratégies de développement  à faible émission de carbone. L’Afrique est l’une des  régions cibles, et il est donc  important de démontrer que le financement de l’action climatique pourrait contribuer efficacement à une voie de développement durable.  Il est toutefois  peu probable que le changement de paradigme recherché par le fonds puisse être réalisé sans un engagement plus large des parties prenantes étatiques et non étatiques dans ses activités financées, d’autant plus que ces dernières peuvent contribuer  à renforcer les capacités existantes, apporter leur expertise sur le terrain et soutenir les travaux du FVC  aux divers niveaux d’action.

Sur cette base, L’Alliance  Panafricaine pour la  justice climatique (PACJA) et CARE International en collaboration avec Germanwatch et d’autres partenaires, ont invité 70 représentants de plus de 20 pays africains – comme La République Démocratique du Congo, le  Ghana, le  Cameroun, le Kenya, l’Afrique du sud, le Maroc, le Bénin, le  Malawi, le Soudan, l’Ouganda, le Zimbabwe, entre autres – à une Conférence panafricaine sur la préparation des organisations de la société civile (OSC) au fonds vert pour le climat, tenue les 8-9 Octobre 2018 à Nairobi, au Kenya, en marge de la 7e de la conférence sur le changement  Climatique et le Développement en Afrique (CCDA7) . Dans le cadre du  projet ‘’La préparation des OSC au Fonds Vert pour le Climat( GCF )– focus Afrique’’ financé par  l’initiative internationale sur le Climat  (IIC) du ministère  Fédéral allemand de  l’ Environnement, de la Conservation de la nature et de la sécurité  Nucléaire  (BMU), la conférence a permis aux participants de partager leurs expériences sur leur premier engagement avec FVC dans leurs pays respectifs, de promouvoir un apprentissage entre pairs sur comment mobiliser et exploiter les opportunités du fonds, et de lancer des partenariats et engagements futurs entre les organisations qui travaillent sur les changements climatiques, notamment sur le financement.

Les participants se sont familiarisés avec le FVC,  son état actuel et ses défis et ont partagé leur vaste expérience des questions relatives au Fonds et de l’engagement des OSC avec près de 20 exposés nationaux. Ils ont identifié des défis communs, tels que la complexité du FVC, l’ insuffisance des flux d’informations internationales et nationales (provenant des institutions compétentes ,mais aussi de la société civile), le manque de capacité et des ressources pour s’engager pleinement dans les questions relatives au  Fonds , et l’ attention insuffisante des  institutions aux connaissances et contributions des experts sur le terrain  que  les OSC peuvent apporter. Ils ont également appris que les situations varient d’un pays à l’autre et qu’il existe de nombreux bons exemples de collaboration active entre les OSC et les institutions gouvernementales.

Dans le cadre de groupe de travail interactif, les  participants ont élaboré des idées  concrètes pour les prochaines étapes de l’engagement des OSC et l’interaction des autres institutions pertinentes  participant aux activités du fonds, principalement dans les quatre domaines cibles.

Premièrement, il est essential de faire progresser la compréhension des questions relatives au FVC  dans le contexte national, étant donné la complexité des dispositions et des cadres du Fonds. Les stratégies identifiées comprennent un engagement accru dans l’apprentissage entre pairs, la réalisation d’une cartographie nationale des parties prenantes et la  préparation d’un suivi indépendant de la mise en œuvre du FVC dans leurs pays, ainsi que de nouveaux programmes supplémentaires en cours d’exécution.

Deuxièmement, faire progresser la coordination des OSC ainsi que la sensibilisation, la  coopération et l’ influence d’autres institutions qui jouent des  rôles pertinents dans les discussions nationales, telles que les autorités nationales désignées(AND), les entités de mise en œuvre, le  secteur privé etc. les OSC ont la possibilité de devenir des courtiers du savoir grâce à une meilleure compréhension des mécanismes du  FVC, elles sont également mieux placées pour  influencer de telles conversations sur un pied d’égalité.

Troisièmement, les OSC peuvent jouer un rôle particulier dans la communication sur le  FVC, ses projets et espérons-le  – ses  succès et le travail des OSC CSO dans le pays et dans la région, car elles ont souvent accès à divers types de médias. Cela comprend la publication d’articles sur les plateformes régionales et internationales, la communication des résultats de la conférence à un large éventail d’autres organisations, l’éducation des médias sur le FVC, etc.

Quatrièmement,  une  collaboration étroite en vue d’obtenir et de générer des fonds  pour garantir et accroitre les précieuses contributions de la société civile. La lutte contre la crise climatique a été  identifiée comme un domaine de travail très   important, par exemple en renforçant les capacités mutuelles de développement de programme, en formant des consortiums (multi-pays) pour  développer des concepts, et en collaborant avec  les agences non-gouvernementales(ANG) et autres institutions responsables de la conception et de l’exécution des projets et programmes.

L’étroite  collaboration avec les organisateurs de la conférence  CCDA7 a permis de présenter les principaux résultats et les conclusions de la conférence de préparation des  OSC  aux séances plénières de clôture de la  CCDA7 (photo). En outre, divers participants ont pu assister à la  CCDA7 et contribuer à d’autres sessions sur le financement de la lute contre le changement climatique lors de ce grand rassemblement d’experts, de scientifiques et de responsables politiques africains.

La conférence ayant eu lieu une semaine avant la 21e réunion du conseil d’administration du  FVC  tenue au royaume de Bahrein, Le FVC  s’est trouvé à un carrefour en vue du lancement de sa première reconstitution officielle. Les participants ont également échangé leurs points de vue sur certains des défis en matière de gouvernance et sur l’atteinte  à la réputation causée  par la 20ème réunion du conseil en particulier, sur  la rareté des ressources et le manque de clarté des perspectives pour la prochaine reconstitution, et des pays comme les Etats-Unis et l’Australie ont annoncé leur intention de réduire leurs contributions à un moment où  le rapport du GIEC sur les  1.5°C  nécessite une action et une urgence beaucoup plus grandes. Il y a eu un fort consensus  sur le fait que le FVC doit être mis en œuvre  efficacement et fournir de nouvelles ressources importantes pour répondre aux besoins de l’Afrique en matière d’action climatique. De nombreux participants ont salué des progrès accomplis par le conseil d’administration du FVC quelques jours après la tenue de la conférence panafricaine, et ont souhaité  une action immédiate renforcée.

[1] Panel Intergouvernemental sur le changement  Climatique.

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